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La RSE : avis et pratiques divergentes
 
La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est aujourd’hui « mangée à toutes les sauces »… Certains en font une de leur principale préoccupation et la place aux centre de leurs décisions, tandis que d’autres s’y disent « allergiques » et l’associent à un effet de mode. Les opportunistes et les suiveurs tempèrent ce duo antagoniste de pionniers/réfractaires. Les experts, eux, au centre de ces quatre pôles analysent cette notion sous tous ses angles. Un tour d’horizon s’impose…
 
La naissance d’un concept
 
C’est en 1987, lors de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement des Nations Unies, que la notion de développement durable (Sustainable Development) fait son apparition sur le devant de la scène internationale. Puis, rapidement ce concept a été transposé au monde de l’entreprise. C’est ainsi que le terme de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est née pour rendre compte de la performance environnementale, sociale et économique des entreprises.
Selon la commission européenne, une entreprise peut se prévaloir d’être durable et responsable si elle « intègre volontairement des préoccupations sociales et environnementales à son activité commerciale et à ses relations avec les parties prenantes ». Autrement dit, la RSE invite les entreprises à être responsables de leurs impacts environnementaux et sociaux devant l’ensemble de leurs parties prenantes (fournisseurs, clients…) et pas seulement devant leurs actionnaires.
 
Alors qu’en est-il de ce concept souvent galvaudé ? Quelle approche en ont les grands potes, les experts et les entreprises elles-mêmes ?
 
 
La RSE : du souhait vers une exigence des « grands pontes »
 
En Mars 2010, la Commission Européenne s’est engagée à « relancer la stratégie de l’Union visant à accroître la RSE des entreprises… ». En effet, dans une logique de croissance intelligente, durable et inclusive, la RSE est placée au centre de la stratégie Européenne. Régulièrement, des documents destinés à faire progresser la RSE dans les PME notamment, sont publiés par la Commission Européenne.
En outre, un certain nombre d’outils et de normes ont été mis au point et demeurent à la disposition des entreprises. Ces derniers sont destinés à les aider à intégrer, à leur fonctionnement, les dimensions environnementales et sociales et à évaluer leur implication en matière de RSE. La norme ISO 26000 en est une illustration. Ce texte, approuvé fin 2010, propose de guider les entreprises dans la mise en place d’une politique RSE et de juger de leur niveau d’engagement. La norme ISO 14001, pour sa part, permet de certifier qu’une entreprise respecte la réglementation et s’engage dans une démarche d’amélioration continue de ses pratiques.
Par ailleurs, la loi NRE (nouvelles régulations économiques), en vigueur depuis 2003, contraint les entreprises cotées en bourse à présenter, dans leur rapport de gestion annuel, des données relatives aux conséquences environnementales et sociales de leurs activités.
 
Les mesures prises par les autorités en matière de développement durable et de RSE se multiplient au fil des années et se durcissent, si bien que certaines entreprises n’ont presque plus le choix que de s’inscrire dans une démarche responsable. Alors questionnons-nous : cette mise à l’épreuve est-elle bénéfique ou contraignante pour les entreprises ? 
 
 
La RSE, un atout stratégique et opérationnel pour les entreprises
 
Sans être exhaustif, il apparaît selon les experts, que d’un point de vue stratégique, la RSE permette à une entreprise de valoriser son image et lui offre l’opportunité de sortir d’une vision étroitement économique. Il semble que ce soit aussi un moyen pour elle de se démarquer de ses concurrents ; de glaner un véritable avantage concurrentiel. Opérationnellement parlant, la RSE permettrait de renforcer la satisfaction au travail et l’identification à l’entreprise des salariés. Elle donnerait, en outre, la possibilité aux entreprises de maîtriser et d’anticiper les risques et les coûts environnementaux et sociaux.
 
Concluons donc que, pour les entreprises, quelque soit leur taille, les enjeux de la RSE apparaissent avoir sens tant sur le plan stratégique qu’opérationnel. L’intégration de cette notion dans leur stratégie globale semble de fait être incontournable. Certains vont même jusqu'à dire qu’il y a autant de raisons de faire de la RSE qu’il y a d’entreprises en France ! Mais qu’en est-il dans les faits ? Où en sont les entreprises françaises en termes de développement durable et de RSE ?
 
Etat des lieux
 
Outre les entreprises cotées en bourse qui sont elles, contraintes de rendre des comptes en la matière (Cf. : loi NRE) et qui communiquent beaucoup sur le sujet, reste à savoir comment se comportent les autres, soit 98% du tissu économique français. Plusieurs types de profils de dirigeants de TPE et PME existent. Il y a, tout d’abord, les dirigeants pour qui le développement durable et l’intégration sociale font partis de leurs convictions personnelles et qui, de fait, s’engagent naturellement dans une politique RSE. D’autre part, il y a ceux qui demeurent freinés par la démarche. Dans la majorité des cas, ceux-ci prétextent un manque de temps et leur souhait de donner priorité à la pérennité économique de leur entreprise. Ceci étant, les sondages nous confirment que la sensibilité des entreprises à la RSE est de plus en plus prononcée. François RABASSE, directeur de SENSE, cabinet spécialisé en RSE, nous confirme cette tendance en observant que : « Les chefs d’entreprises sont désormais conscients qu’il faut se lancer… ». Parallèlement, demeurent ceux qui font de la RSE sans le savoir. En effet, dans les TPE et PME, il s’avère que la RSE soit souvent moins structurée et bien plus intuitive que dans les grands groupes du fait de leur taille et de leurs moyens. En réalité, elle s’avère souvent être le simple reflet des valeurs du dirigeant. Grands nombres de TPE et PME sont donc déjà engagées dans une politique RSE sans l’avoir formalisé ; un espoir pour l’avenir. Cependant, pour l’heure, seules 3 482 entreprises sont certifiées ISO 14001 en France sur les 2.5 millions recensées ; un moins bon score qu’en Roumanie… Les entreprises françaises ont donc un beau défi à relever pour rester dans la course, ne pas être dépassées et se placer dans un schéma proactif. Formalisation de l’existant, prise de nouveaux engagements semblent donc être au goût des mois et des années à venir. Affaire à suivre…
 
AH
L'Europe s'engage - Fonds Social Européen