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L’entrepreneuriat, une alternative à l’inactivité salariale des jeunes ?
Les entrepreneurs sont, chaque année, de plus en plus nombreux en France. Selon une étude de l’APCE, il apparaît que cette attraction pour la création d’entreprise n’épargne pas les jeunes chez qui l’intention d’entreprendre s’avère de plus en plus marquée... Face à ce constat, demandons-nous si cet engouement entrepreneurial juvénile peut constituer un modèle alternatif à l’emploi salarié des jeunes ?
Etat des lieux
Au dernier trimestre 2010, l’INSEE relevait un taux de chômage des 15-24 ans de 22.3%, ce qui représentait près de 590 000 jeunes français confrontés au problème de l’emploi. Lors d’un entretien au « Journal du Dimanche » en Décembre dernier, Xavier BERTRAND, Ministre du travail, réaffirmait son souhait de donner priorité à l’emploi des jeunes. Pour cela, de nouvelles orientations se profilent ; la valorisation de l’apprentissage en est un exemple.
Par ailleurs, ne peut-on pas imaginer que plutôt que de chercher un emploi, les jeunes puissent eux-mêmes le créer ? Autrement dit, l’entrepreneuriat des jeunes n’est-il pas une solution face au chômage ?
C’est, en tout état de cause ce dont sont convaincus non seulement le Gouvernement, les Missions Locales et certaines associations mais surtout les jeunes eux-mêmes. D’après une enquête menée par l’APCE fin 2009, la moitié des 18-29 ans envisagent de créer une entreprise prétextant une envie de challenge, la quête de liberté et d’épanouissement… 13 % d’entre eux se déclarent même prêts à créer dans les deux ans à venir… soit un potentiel de 1.2 millions de jeunes entrepreneurs d’ici à 2013.
Les « coups de pouce » gouvernementaux et associatifs
Notre Gouvernement s’attache à faciliter la création d’entreprise pour les personnes qu’il considère les plus éloignées de l’emploi, et les jeunes en font parti… C’est pourquoi, au même titre que les demandeurs d’emploi indemnisés, les jeunes de moins de 26 ans bénéficient de l’ACCRE. Ce dispositif leur permet d’être exonérés de cotisations sociales au cours de leur première année d’activité. Par ailleurs, le dispositif NACRE leur est également adressé. Il leur donne la possibilité d’être accompagné ante et post création et de bénéficier d’un prêt à taux 0.
Par ailleurs, des associations portent des actions spéciales « jeunes créateurs d’entreprise »… Concours, bourses, actions de conseils et de formation gratuites sont autant d’exemples qui incarnent cette initiative.
En ce qui concerne les Missions Locales, celle du canton de La Ciotat organise chaque année depuis 4 ans le concours « Jeune Créateur » (Cf. : article « Actu’ du PACI » ci-après).
Enfin, de son côté, l’APCE, agence pour la création d’entreprise, s’apprêtent à déployer d’ici l’année prochaine une stratégie ciblant prioritairement les jeunes… Affaire à suivre.
La jeunesse asservit-elle l’entrepreneuriat ?
Jeunesse est synonyme de motivation, de créativité, d’initiatives et d’audace ; autant de qualités requises pour devenir un bon entrepreneur. Voilà donc un point positif pour les jeunes créateurs. De plus, comme l’indique l’APCE dans un article leur étant consacré, ces derniers n’ont rien à perdre. Ils n’ont pas encore acquis de patrimoine immobilier et n’ont, en règle générale, pas encore de charge de famille. En outre, ils ont l’avantage de maîtriser ce qui aujourd’hui s’avère être incontournable dans le monde des affaires : le web 2.0… Qui mieux qu’un jeune saurait activer les réseaux sociaux pour optimiser le rayonnement de son entreprise ?
Au delà de leurs atouts intrinsèques : la démonstration de leur dynamisme et de leur organisation
Plus motivés que jamais, les jeunes entrepreneurs s’investissent afin de consolider leur communauté : « apéros » entrepreneuriaux, mutualisation et échanges d’informations via Facebook, Twitter etc., création de réseaux sociaux… Et ils ne s’arrêtent pas là… Certains d’entre eux mettent leurs compétences au service de l’ensemble des entrepreneurs, jeunes et moins jeunes. C’est le cas des fondateurs de Widoobiz, la radio officielle des entrepreneurs ou encore de ceux qui ont lancé l’agenda en ligne des entrepreneurs : IDAG.
Un bémol cependant…
Les jeunes entrepreneurs semblent donc avoir de beaux jours devant eux… Reste à prouver que leur manque d’expérience et de maturité ne soient pas un frein à leur épanouissement entrepreneurial. En effet, ne peut-on pas penser que pour les parties prenantes (financeurs, fournisseurs…) ou pour les prospects eux-mêmes leur jeune âge desserve leur crédibilité ?
AH |
